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15 Déc 2023

Emilie Cavero : à la découverte de “Fromagerie Emilie”

Lors d’une interview exclusive, la fromagère toulousaine Emilie Cavero présente sa fromagerie, son processus de travail et partage ses différents projets ainsi que sa vision d’avenir pour sa fromagerie, “Fromagerie Emilie“.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours et comment vous en êtes venue à ouvrir la “Fromagerie Emilie” à Toulouse ?

J’ai monté la “Fromagerie Emilie” à Toulouse il y a sept ans, le 1er novembre 2016. Je suis issue d’une famille de commerçants fromagers à Toulouse. J’ai toujours voulu être commerçante, mais je voulais vendre de la décoration dans des magasins indépendants. J’ai donc entrepris des études dans le commerce, toujours avec cet objectif. J’ai été dans une grande école et je me suis rendue compte qu’on voulait me former pour devenir banquière, commerciale ou manager. Ce n’était pas du tout ce que je voulais faire. Moi, je voulais être commerçante indépendante.

Je suis donc allée à Paris au CIFCA (Centre interprofessionnel de formation des métiers du commerce alimentaire) et j’ai entamé le CQP, Vendeur Conseil Crémier Fromager ; je pense que c’était en 2012. Je faisais donc une semaine à Paris et une semaine à Colomiers dans une fromagerie qui s’appelait “Chez Jeannot”. Ensuite j’ai fait quelques petites piges dans des fromageries à Toulouse. Je savais que la dame de la fromagerie que je convoitais allait partir à la retraite, mais elle ne voulait pas partir tout de suite. Donc, je suis allée la voir et la revoir pendant des mois, jusqu’à ce qu’elle revienne me voir et me dise : “ça y est, je m’en vais à la retraite. Si ça vous intéresse, la place est libre”. Et c’est comme ça que j’ai repris une fromagerie qui existait depuis 42 ans et que j’ai monté la “Fromagerie Emilie” à Toulouse.

Comment choisissez-vous les fromages et les producteurs avec lesquels vous travaillez ?

Quand j’ai démarré, j’ai récupéré une partie de son stock et ensuite j’ai récupéré tous ses producteurs, ses grossistes et ses fournisseurs. Pendant un temps, j’ai travaillé de la même façon qu’elle et puis, petit à petit, j’ai amené ma patte, en essayant de retravailler avec des producteurs et des affineurs qui travaillent avec mes parents et je les ai contactés tout simplement.

Ensuite, il faut savoir que quand on est installés, on a des gens qui viennent nous voir, que ce soit des producteurs, des grossistes indépendants ou des gros grossistes. On n’a plus qu’à choisir, en fonction des différents critères que l’on souhaite.

Quels sont vos critères, justement ?

Pour moi, le premier critère, c’est d’écouter mes clients. Donc, si mes clients me demandent un fromage que je n’ai pas en rayon, plutôt régulièrement et qu’ils sont nombreux, je vais me poser la question de le faire rentrer dans ma gamme. Mon deuxième critère, c’est le prix, parce que je souhaite que les fromages soient accessibles au plus grand nombre. Il faut également que le fromage soit livré au marché et surtout que ça soit du jour A pour le jour B ou jour C. En effet, je travaille à la semaine, c’est un peu une particularité parce qu’il y a beaucoup de fromagers qui travaillent plutôt soit en précommande, soit à la semaine A pour la semaine B.

Je choisis vraiment en amont les gens avec qui je vais travailler pour qu’ils me livrent des fromages qui soient affinés comme j’en ai envie, comme mes clients en ont envie. Je ne peux pas les travailler moi-même, déjà parce que je n’ai pas de place, ensuite parce que c’est un métier à part entière et enfin parce que ce n’est pas ce que je préfère. Moi, ce que je préfère, c’est la vente et le fait de choisir un produit qui soit bien pour mes clients et le leur vendre.

Pouvez-vous nous parler de votre calendrier de l’Avent, Comment vous est venue cette idée ? 

Cela fait cinq ans que je fais des calendriers de l’Avent fromagés. Je n’ai pas eu cette idée toute seule. Il y a cinq ou six ans, je suis tombée sur un fromager sur Instagram, qui faisait un calendrier de l’Avent fromagé. J’ai trouvé cela super et je me suis appropriée le concept à ma manière. Les gens ont adoré cette idée et petit à petit, en cinq ans, j’ai amélioré le processus. Je suis plutôt fière de mes calendriers de l’Avent. Chaque année, je change tous mes fromages, le guide qui est à l’intérieur et l’emballage.

Si vous voulez en savoir plus il y a un épisode du podcast qui est consacré au calendrier de l’Avent, pour l’écouter cliquez ici.

Vous avez votre podcast “Les tribulations d’une fromagère”…

J’ai lancé “Les tribulations d’une fromagère” il y a deux ans. Je trouve que le podcast me permet de bien développer des sujets différents. Cela me permet de parler de mon quotidien de fromagère, j’y ai aussi parlé de l’écologie, du calendrier de l’Avent, du fait d’être un client parfait entre guillemets. Petit à petit, j’avais envie d’élargir mon univers et surtout de faire des rencontres, de partir à la rencontre de tous ces gens qui tournent autour du monde du fromage. C’est devenu de plus en plus un podcast d’interviewes autour de personnes qui naviguent dans le monde du fromage. Ce podcast me permet aussi de mettre en lumière des gens qui sont dans l’ombre mais qui nous permettent à nous, commerçants fromagés, de les faire vivre et de les faire connaître.

Le podcast a deux cibles, les indépendants, mais aussi le grand public. Avoir ces deux publics me permet de toucher le plus grand nombre et de faire découvrir le fromage à plein de gens, tout en donnant la parole à des passionnés.

Comment voyez-vous l’avenir de la “Fromagerie Emilie” ? Avez-vous de nouveaux projets ou innovations à venir ?

Mon gros projet, c’est de développer “Les tribulations d’une fromagère”. Je souhaite également aller à la rencontre de producteurs, de fromagers et bien d’autres personnes pour faire des collaborations avec des affineurs, des producteurs, mettre en lumière des petits producteurs. Surtout ce qui m’intéresse maintenant, c’est d’aller visiter des terroirs. Par exemple, avec le CIFCA, il y a des découvertes filières et je vais m’inscrire aux découvertes cette année parce que ça m’intéresse beaucoup d’aller voir comment ça se passe et surtout de pouvoir en parler au mieux à mes clients parce que bien sûr au CQP, on apprend plein de choses et je suis abonnée à “Profession Fromager”. Mes objectifs sont d’aller découvrir encore plus le monde fromager via le podcast.

Pour écouter le podcast “Les tribulations d’une fromagère”, cliquez ici

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